Free/Fric to play – Partie 2

Bienvenue dans le monde du free/fric to play !free-to-play-clash-of-clans-2

2nde Partie (Vous avez raté le 1er volet ?)

2. Vecteur d’accroissement de capacités ?

A une époque, pas si lointaine, être un geek était assimilé à quelque chose de très péjoratif. A l’heure actuelle, ceci est devenu une qualité. Nos tempéraments dans le jeu sont, soit forts similaires à ce que nous sommes dans la vraie vie, soit à l’inverse à l’opposé de ce que nous sommes vraiment. Il s’agit alors d’interpréter un rôle. Dans les deux cas, les capacités déployées dans le jeu pourrait être déployées dans la vraie vie. Il est fort à parier que le chef d’un clan qui dispose de vraies capacités de leadership avec son clan puisse les appliquer dans son travail. Il est même tout à fait possible qu’il ignore lui-même, ainsi que son employeur, disposer de tels capacités.

Le monde du free to play met en exergue certaines caractéristiques que nous méconnaissons parfois et qui sont de plus en plus valorisés dans le monde de l’entreprise : gestion d’une équipe, gestion d’une stratégie, gestion des conflits, gestion de la motivation, gestion des délais, etc. Nos capacités managériales et décisionnelles sont donc particulièrement sollicitées dans le jeu. De manière directe par le jeu lui-même (les attaques) mais aussi de manière indirecte avec ce qui gravite autour (gestion du clan). Les concepts d’efficacité, efficience et performance peuvent vite apparaître pour certains joueurs. Je les nomme « bodybuilder gamer». Ce n’est pas le culte du corps qui est mis en avant mais bien le culte du jeu.

Le jeu n’est plus un jeu, c’est une passion narcissique dévorante, une finalité pouvant mener à une addiction forte et des troubles obsessionnelles compulsifs. On ne joue plus par plaisir mais par pur recherche de la performance. L’apparition du modèle « e-sport », comme on peut déjà le voir avec un jeu comme league of legends, devrait contribuer à la propagation de ce phénomène. Il faut s’entraîner encore et encore, et se faire sponsoriser comme un vrai sportif.

Qui d’entre nous sera le prochain Zinedine Zidane ? A quand le premier cas de dopage ?

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3.Vecteur de cohésion social ?

A une époque, pas si lointaine, le monde du jeu était un univers quasi exclusivement masculin dédié à un public relativement jeune. Les jeunes d’hier sont devenus les adultes d’aujourd’hui. En soit, c’était prévisible. Ce qui est nettement plus surprenant, c’est la féminisation du jeu vidéo. Le public masculin étant saturé, les éditeurs de jeu se sont tournés inexorablement vers des contrées encore vierges (à savoir le sexe dit faible) afin d’étendre leur empire. Les univers du free to play sont asexués de manière à attirer davantage de femmes, ce qui inévitablement plait également à la gente masculine et renforce, à grand coup de testostérone, une addiction déjà bien ancrée… L’objectif étant simplement de vendre toujours plus de temps aux hommes et aux femmes…

Ce qui est intéressant, c’est de voir le free to play comme un vecteur de cohésion sociale au sens sociologique du terme. En effet, le jeu vidéo est un élément qui rassemble tous les individus d’une même génération sur terre au contraire des émissions de télévision par exemple. La génération des gamers ne connaît pas les frontières et nos repères culturels de gamers sont les mêmes (du moins pour chaque génération)…

Il est donc agréable de partager, de chez soi, quelques moments de bonne humeur sur le tchat. Mais attention, les évènements de la vraie vie et le tempérament de tout un chacun peut parfois faire dévier le jeu vu comme vecteur de cohésion social IG vers le jeu vu comme vecteur de dislocation sociale IG et IRL… l’énervement produit dans le jeu amène inexorablement à un énervement dans le monde réel… le jeu devient dangereux. L’interpénétration des deux mondes se produit inéluctablement à un moment ou l’autre. La barrière n’est pas aussi étanche qu’on pourrait le croire.

Les dangers de ne pas connaître les joueurs en chair et en os, l’absence de langage verbal et non verbal peuvent mener à des incompréhensions, à des interprétations subjectives, à un manque de tolérance sur autrui. Il n’est pas toujours aisé de se rappeler qu’il ne s’agit pas d’une machine derrière sa tablette ou son portable mais bien d’un être humain avec ses qualités et ses défauts…

4. Conclusion

Le monde du free to play est un peu à l’instar de notre société. Une société dans laquelle le meilleur côtoie le pire, dans laquelle la communication est devenue extrêmement compliquée, dans laquelle il faut être performant sous peine d’être exclu. Une société qui ne cesse de vouloir piquer ton blé, ton fric, ton oseille, ton pognon…

Il n’y a rien à gagner à chasser les chimères vendues indirectement par le jeu. Par contre, nous avons tout à perdre à en faire une obsession. Celui-ci ne doit constituer, ni plus ni moins, qu’une bouffée d’oxygène virtuelle dans notre quotidien morose ou rempli de bonheur. J’aime parler du free to play comme « ma madeleine de Proust de ma journée », mon instant privilégié d’une évasion éphémère.

Loin de moi toute volonté de tenir un discours moralisateur. Je suis d’ailleurs bien mal placé pour le faire. Ma volonté est d’aborder ce monde « libre » sous l’angle de vue qui est le mien et tel que je le perçois. Le monde des bisounours n’a jamais été un jeu à succès 🙂

Je suis gamer, je suis fabduke, je suis sélénite mais avant tout je suis MOI, un papa héros du quotidien parmi tant d’autres qui se lève chaque matin pour construire humblement le monde réel.

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10 comments

  • L’année dernière je voyais en coc, sélénite, un monde a’part tel Arthur et les minimoys… magnifique échappatoire.
    L’occasion d’une belle complicité avec mes garçons qui m’ont initiée (maman qui sait être cool à ses heures mais surtout qui veillais – lol- ).

    J’ai’été surprise aussi de constater (sous réserve d’authenticité ) des affinités de jeu ou amicales simplement à travers le tchat donc sans voix ni physique ! Au diable les apparences !!!

    Ce qui m’à poussé à passer du IG vers IRL avec Paname par exemple ou plus simplement, un café. 😉
    Belles rencontres ☺ sympathiques.

    un peu de philo ou psycho aussi !?
    Pour ma part, coc avec les sélénites, j’ai développé la combativité en commençant -et c’était plus facile à dire qu’a faire- OSER.essayer, tenter. …

    Avec clash royal -et j’y travaille encore, lol- prendre le temps d’observer pour mieux choisir.

    Et toutes ces belles surprises de la vie, ben, c’est grâce à ce jeu ou plutôt à ce que nous en faisons (tant qu’il demeure un outil à notre service…).

    Le système voudrait nous diviser mais l’homme est un être de relation. …

    Je vous aime les Sélénites , bises et bon jeu.

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